Mitoyen
création 2006


Conception : Renaud Herbin et Nicolas Lelièvre

Mise en scène : Renaud Herbin et Julika Mayer
Manipulation : Renaud Herbin, Paulo Duarte
et Grégory Gouband (pour la création)
Son : Morgan Daguenet (Bertùf)
Image : Nicolas Lelièvre
Lumière : Laurent Queyrut
Régie lumière : Fabien Bossard
Construction marionnettes : Paulo Duarte
Texte : Erwan Tanguy
Costume : Laure Mahéo
Remerciements à Sophie Herbin

Coproduction : Théâtre National de Bretagne (Rennes), Institut International de la Marionnette (Charleville-Mézières), Die Schaubude Puppentheater Berlin.
Accueil en résidence : Théâtre de l’Arpenteur (Rennes).
PREMIERE NOVEMBRE 2006


Mitoyen est un spectacle conçu par Renaud Herbin et Nicolas Lelièvre mêlant les présences d’individus, de marionnettes figuratives, des sons électroniques en direct, d’images projetées... Mitoyen est pensé comme un lent dépeçage, une traversée introspective, une rêverie autour de l’individu dans la ville. Il s’agit de croiser les échelles de territoires, ceux de l’intime, du chez soi, du face à soi, ceux du vivre en cohabitation, sous le regard de l’autre. Mitoyen se joue des frontières.





« Naissance d’un corps Mitoyen, habitacle à dimension variable. Goûter à l’altérité dans la force de l’instant. Reconsidérer l’articulation vivant/objets : nouvelle perception de l’image et de la marionnette à qui je donne vie. J’explore chacun de leurs mouvements : agir à travers eux, et me laisser faire. Circuler dans une ville reconstituée et enveloppante, avoir l’intuition de la présence d’un Autre. Jeux de cache-cache. L’autre me renvoie à moi-même et la paroi mitoyenne devient organique. Jeux de miroir et d’interactions : acteurs, manipulateurs, images, sons et marionnettes se prêtent les uns aux autres – ce double extérieur et intime. Reflet ou ombre, une autre expansion possible de la marionnette en fonction de son exposition. Au-delà de sa forme, elle devient trace ou empreinte, détentrice d’une histoire : figure d’une absence. Jeux entre vie et mort. Tout se croise pour tenter de donner à chacun le goût de l’autre. Cohabitation. La question devient celle du partage de territoire où marionnette et acteur veillent et surveillent, les mouvements, les gestes de l’autre. Par la séparation, le mur - lui-même objet manipulable - permet l’intimité. Il génère le fantasme de ce qui se passe derrière. Moteur d’imagination et de projection sur l’autre, élément à franchir, à dépasser, à transgresser, pour s’envisager en société. Le mur s’ouvre aussi, devient porte ou fenêtre. Jeux de construction aux multiples possibilités. Décaler le regard sur ce qui nous semblent familier, exalter l’ambiguïté des espaces que nous inventons, pratiquons et partageons. »
R.Herbin et C.Le Blay In Théâtre/Public 193, p.91